Kinshasa - Expropriation des occupants de la cité Ewa à N'sele: ASADHO demande au président Tshisekedi de faire évacuer la Garde Républicaine occupant « illégalement » ce site 

Image
Droits tiers

L'Association Africaine de Défense des Droits de l'Homme (ASADHO) hausse le ton contre la dépossession « arbitraire » des acquéreurs de la cité Ewa à Kindobo dans la commune de la N’sele depuis novembre 2022. À ce jour, ce site est sous contrôle des militaires de la Garde Républicaine, renseigne cette organisation de la société civile. 

Au cours d'un point de presse animé le vendredi 17 mars 2023 à Kinshasa, le président de l'ASADHO, Me Jean-Claude Katende, s'alarme du silence du président de la République devant ces actes illégaux. Il l'invite à faire évacuer et à sanctionner ces éléments de la Garde Républicaine qui occupent « illégalement » les terrains appartement à autrui.  

« L'ASADHO suit de près ce dossier et continue à confirmer que si les éléments de la Garde Républicaine sont sur ce terrain, c'est que le président Tshisekedi lui-même pourrait être impliqué. Vous le savez tous que la Garde Républicaine a pour mission de protéger le chef de l'État, les membres de sa famille et les biens lui appartenant. Il nous paraît inacceptable que la Garde Républicaine dont la mission n'est pas celle de protéger les biens qui ne sont pas ceux du président de la République, débarquent dans une concession privée et s'imposent en chassant les propriétaires sans aucun document de justice. On ne peut l'accepter dans un pays où on l'estime que la justice a sa part de responsabilité. Nous aurions pu comprendre si c'était la police qui s'était déployée sur ce site. Nous demandons au président de la République de prendre toutes les dispositions qui s'imposent pour que ce site soit dégagé de tous les éléments de la Garde Républicaine et qu'il soit retourné aux victimes », a-t-il déclaré.

Tout en appelant le chef de l'État à avoir un œil regardant sur les éléments de la Garde Républicaine afin qu'ils ne puissent pas outrepasser leurs missions, Me Katende a mis un accent particulier sur le respect de la procédure et l'indemnisation des victimes en cas d'expropriation. 

« Dans le cas où le président de la République ou le Gouvernement déciderait d'exproprier, il est clair qu'il y a des lois qui organisent cette procédure. Nous souhaiterions que cette procédure soit respectée en associant les victimes et que les indemnisations leur soient accordées avant tout déplacement. Les acquéreurs qui ont été victimes des actes de pillage de leurs biens puissent être rétablis dans leurs droits. Nous ne pouvons pas imaginer que tous les discours faits concernant l'État de droit tombent à l'eau avec ces actes illégaux qu'aucun citoyen qui connait la loi ne peut accepter », a souligné le président de l'ASADHO. 

De leur part, les victimes disent être en règle en ayant tous les documents y afférents. Elles ne comprennent pas qu'elles soient « chassées » sans motif au profit des expatriés. 

« Les éléments de la Garde Républicaine ont chassé tous les occupants. Nous avons acquis nos parcelles en bonne et due forme. Le ministère de l'Urbanisme et Habitat a mis à notre disposition tous les documents nécessaires. Pourquoi dans notre pays où on parle de l'État de droit, on peut agir de cette façon ? Nous sommes des Congolais et nous demandons au président de la République d'agir. Nous ne savons pas à quel saint se vouer. On a appris qu'on a donné nos terrains aux expatriés qui construisent déjà. Est-ce que c'est normal ? », a déploré Mado Bukumbabu. 

À en croire l'ASADHO, cette portion de terre située au village Kindobo à N'sele avait été désaffectée et mise à la disposition de madame Asha Rachidi via l'Arrêté ministériel n°021/CAB/MINETAT/MIN-UH/2020 du 12 novembre 2020 du ministre de l'Urbanisme et Habitat. À la même date, un autre Arrêté du même ministre avait été signé approuvant le plan particulier d'aménagement de ce site de 303 parcelles à usage mixte.

Merveil Molo