La République démocratique du Congo poursuit le renforcement de son système national de surveillance et de réponse aux urgences sanitaires à travers le développement de son réseau de laboratoires de santé publique. Plusieurs infrastructures sont en cours de finalisation et d’équipement dans différentes provinces afin de rapprocher les capacités de diagnostic des populations.
À Kisangani, Kananga, Mbandaka et Bandundu-Ville, les travaux et l’équipement des laboratoires provinciaux avancent dans le cadre de cette stratégie, tandis que celui de Bunia, dans la province de l’Ituri, est déjà opérationnel.
L’objectif poursuivi par les autorités sanitaires est de permettre aux provinces de disposer de capacités locales pour identifier rapidement les maladies, confirmer les cas suspects et contribuer à la réponse aux urgences sanitaires, sans dépendre systématiquement de laboratoires situés à plusieurs centaines de kilomètres.
À Kisangani, le laboratoire provincial est conçu comme une structure de type 2, avec des capacités notamment en biologie clinique, hématologie, biochimie, immuno-sérologie, microbiologie et biologie moléculaire. Son développement doit permettre de renforcer la surveillance épidémiologique et la confirmation des cas suspects dans la province de la Tshopo.
À Bandundu-Ville, la mise en service du laboratoire provincial doit notamment renforcer les capacités locales de diagnostic pour des maladies à potentiel épidémique telles que la poliomyélite, la rougeole et la Mpox. Jusqu’ici, certains échantillons devaient être acheminés vers Kinshasa pour être analysés.

L’expérience de l’Ituri montre l’importance de disposer de capacités de laboratoire au niveau provincial. Le laboratoire de Bunia, déjà opérationnel, a notamment participé au renforcement de la réponse sanitaire lors des épisodes d’Ebola. Plus de 3 000 échantillons ont été analysés dans le système de laboratoire de l’Ituri, notamment à Bunia, Mongwalu et Aru.
Le développement de ces infrastructures ne se limite pas à la construction et à l’installation des équipements. Le programme prévoit également le renforcement des compétences des biologistes et des techniciens, afin de garantir une utilisation durable des capacités mises en place.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du projet HEPRR (Health Emergency Preparedness, Response and Resilience), avec l’appui de la Banque mondiale. Elle vise à renforcer progressivement le maillage territorial du système de laboratoire et à améliorer la capacité du pays à détecter et confirmer rapidement les menaces sanitaires.
Avec le déploiement progressif de ces laboratoires provinciaux, la RDC entend ainsi réduire les délais liés au transport des échantillons, renforcer la surveillance des maladies et permettre une réponse plus rapide lorsqu’une urgence sanitaire survient.
Il sied de noter que le renforcement des capacités provinciales de diagnostic constitue un enjeu majeur pour un pays confronté régulièrement à des épidémies et à d’autres urgences de santé publique.
Chançard Sindani