RDC - Gouvernement Ilunga : 1 ministrable sur les 3 par poste ministériel doit être une femme (Ongs)

Publié jeu 08/08/2019 - 18:43
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Le Premier ministre Ilunga Ilunkamba a promis le mardi passé de veiller à ce que la femme soit représentée de manière significative dans son gouvernement.
C'est l'un des dix critères pour former son gouvernement : ''veiller à la représentativité significative du genre'', critère 5. 

En cela, il est en harmonie avec les engagements pris par le président de la République Félix Tshisekedi devant les femmes et devant la nation, et par le président honoraire Joseph Kabila, qui lors d'un congrès avait souhaité qu'au moins 30 % des postes ministériels soient réservés aux femmes. 

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Cependant, la volonté de Ilunga Ilunkamba de promouvoir l'accès de la femme dans les instances de prise de décisions, risque d'être contrariée par les partis et regroupements politiques membre de la coalition gouvernementale.

Les listes des ministrables en confection dans les états-majors politiques sont trop masculines, d'après sources  proches du Front Commun pour le Congo (FCC) et du Cap pour le changement du Congo (CACH).

FCC et CACH ne veulent pas entendre parler du principe ''1 femme sur les 3 ministrables'', déplorent plusieurs sources contactées par 7SUR7.CD.

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Selon ce principe,  une candidate au moins doit figurer sur les 3 noms proposés par poste ministériel au Premier ministre par les plateformes politiques,  regroupements ou partis politiques, voire association.

Si ce principe est respecté, il y aura 21 ministres femmes dans le gouvernement Ilunga.  Ce qui en fera le gouvernement de la RDC le plus genré de l'histoire.

Pour plusieurs Ongs, ça sera une étape décisive dans la quête de la parité homme femme. 

Faïda Mwangilwa, ex ministre de la condition féminine et famille et coordonnatrice de l'Ong ''Bureau de consultation en genre, participation citoyenne et développement ( BCGPCD),  a exhorté le chef de l'État Félix Tshisekedi à concrétiser sa promesse pour que la participation des femmes dans le prochain gouvernement soit effectif. 

'' Nous voulons voir le chef de l'État respecter son engagement lorsqu'il avait reçu les femmes le 8 mars 2019 à la Cité de l'UA, il avait promis qu'il va respecter la représentation des femmes. Mais surtout dans son discours d'investiture,  il avait dit qu'il va exploiter les atouts des femmes.'', a déclaré l'ex ministre ce jeudi à 7SUR7.CD.

Pour Faïda Mwangilwa, 1 candidate sur 3 noms pour chaque poste ministériel est une étape dans l'atteinte de la parité  homme femme (50-50).

Car selon elle,  il fallait 2 candidates sur les 3 noms à cause du nombre des femmes et de leur rôle central en RDC. 

Mais, elle espère au moins 25 ministres femmes dans le gouvernement Ilunga.

Une autre femme, ex ministre du genre,  famille et enfant, contactée par 7SUR7.CD s'est aussi exprimée sur la représentativité de la gente féminine au sein du gouvernement Ilunga.

D'après Geneviève Inagosi Kasongo, pour atteindre la parité (50-50), il faut procéder par quota comme l'avait préconisé en son temps l'ex président Joseph Kabila. 
C'est ainsi qu'elle s'est dit aussi favorable au principe de ''1 femme sur les 3 noms des ministrables''.

Mais pour elle, à part la question de la représentativité,  il y a aussi la problématique de la qualité des postes ministériels attribués aux femmes. 
Elle déplore souvent que c'est soit des postes de vice-ministre ou quand les femmes sont titulaires ce ne soit rarement des ministères de souveraineté.

Pour faire évoluer,  l'ex ministre sous le gouvernement Matata plaide pour l'adoption des  lois contraignantes car la loi n°15/013 dû 1er août 2015 portant modalités d'application des droits de la femme et de la parité, ne l'est pas. 

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À 48 heures du dépôt des listes de ministrables par les coalisés (FCC et CACH), plusieurs ONGs poussent  pour que ce principe soit donc respecté.

Elles ne veulent plus que la femme soit sous-representée dans le gouvernement central comme ce fut les cas notamment dans les gouvernement Tshibala (6 femmes sur 59 membres), Badibanga (8 femmes sur 68 membres) et Matata (7 femmes sur 48 membres).

Au sénat notamment,  le ticket FCC au bureau n'avait aligné aucune femme.
Plusieurs cadres du FCC avait promis de corriger cet état de choses lors de la formation du gouvernement, confie un négociateur, qui avoue que c'est pas facile à cause de l'âpreté des négociations sur le partage des responsabilités au sein des plateformes.

Pour lui,  la solution se trouve aussi au niveau de deux chefs de composantes : Joseph Kabila Kabange pour le FCC et Félix Tshisekedi pour le CACH.

A signaler que la constitution de la RDC consacre la parité homme femme en son article 14.
En 2015, la RDC a promulgué la loi portant modalités d'application des droits de la femme et de la parité.

G.M.M.