DGRK : Rita Bola donne les raisons de sa démission 

Publié mar 07/07/2020 - 19:40
Photo droit tiers

Après une année passé à la tête de la régie financière provinciale, Rita Bola a démissionné ce mardi 7 juillet de ses fonctions de directeur général de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK).

Se confiant mardi à 7SUR7, peu après avoir remis sa démission, Rita Bola, a remercié le gouverneur Gentiny Ngobila de lui « avoir fait confiance en la nommant comme première femme à la tête de la DGRK».

Elle a déclaré se mettre en réserve de la République.

Sur les rumeurs persistantes selon lesquelles elle aurait été contrainte à la démission pour une affaire de détournement des deniers publics, l’ex-dg de la DGRK rejette tout en bloc. Et se dit prête à laver son honneur devant n’importe quelle institution, judiciaire ou politique. Elle attribue ces rumeurs à la malveillance de ses détracteurs.

D’après elle, l’affaire dite Hologram, société de son frère Emile Bola, qui aurait détourné 2 milliards de francs congolais (1 million $), est une affaire bidon. Ni elle ni son frère, ne sont coupables d’aucun détournement, insiste-t-elle.

De un, dit-elle, je n’ai aucun pouvoir pour actionner le compte général du trésor de Kinshasa. Mon pouvoir se limite au compte de fonctionnement de la DGRK. Seul le ministre des finances a le pouvoir de mouvementer le compte du trésor de Kinshasa. C’est ce compte qui paie les fournisseurs de la ville. 

De deux, soutient-elle, la société de son frère avait des contrats avec la ville bien avant son avènement à la tête de la DGRK. Ces contrats datent d’il y a plus de 10 ans alors qu’elle est là depuis 2019.

De trois, poursuit-elle, le transfert de 2 milliards CDF effectué par FBN bank en faveur de la société Hologram, l’a été en vertu de l’arrêté instituant ce compte pivot dont la mission est de repartir les recettes entre la ville, la DGRK, les partenaires (fournisseurs) et les services d’assiette.

Cette loi dit que les banques intervenant dans l’encaissement des impôts , taxes, droits et redevances relevant de Kinshasa, procèdent dans les 48 heures de l’encaissement au nivellement (à la répartition) entre la Ville, les services d’assiettes et les partenaires.

Pour les recettes non fiscales mobilisées par la ville, la clé de répartition est la suivante :
1. 75% pour le compte du Trésor de la ville,
2. 10% pour le compte de la DGRK au titre de la prime de mobilisation,
3. 10% pour le partenaire 
4. 5% pour les services d’assiette au titre de la rétrocession.
C’est sur base de ce arrêté que FBN Bank a payé Hologram. La société avait placé sa technologie dans plusieurs banques afin  d’aider la ville à percevoir certaines taxes. 

Après avoir donné ses explications, Rita Bola a dressé un bilan de son action.

En une année passée à la tête de la DGRK, elle est « fière de son action malgré plusieurs pesanteurs ». Notamment:

1.  doubler les recettes qui ont augmenté de 44%,
2. Payer régulièrement les salaires des agents,
3. Réduire les charges 
3. Rationaliser la gestion avec la commande d’un audit de la DGRK par Deloitte.

Elle laisse plusieurs chantiers à son successeur. Notamment :

1. La numérisation du cadastre foncier,
2. Mettre fin à la pléthore des agents, plus de 2000 au lieu de 1000. Elle en a supprimé 1000 car elle avait trouvé 3000.
3. Supprimer les directions superflues, 23 au lieu de 8 comme prévu par les textes,
4. Lutter contre la fraude et les évasions fiscales,
5. Combattre l’incivisme fiscal, le répertoire n’a que 60.000 contribuables dont 30 mille sont actifs.
6. La problématique de l’impôt sur les revenus locatifs que les sociétés immobilières ne paient pas à cause d’une loi de 1969. 

Malgré le boom immobilier, la ville de Kinshasa est incapable de mobiliser 3 millions $/ mois pour financer le budget du programme Kin Bopeto, un programme d’assainissement de Kinshasa.

Alphonse Muderhwa