Kinshasa : La Semaine citoyenne des mines et hydrocarbures lancée 

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La Semaine citoyenne des mines et des hydrocarbures dénommée "Disons-nous la vérité" a été lancée, ce mardi 29 novembre 2022, a Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Ces assises de trois jours, soit du 29 au 1er décembre prochain, visent à notamment à informer les participants notamment sur les aspects historiques du secteur minier et des hydrocarbures de 1960 jusqu'à à ces jours, les rôles des acteurs publics et privés dans ce secteur, éclairer les enjeux économiques, commerciaux, financiers et sociaux du même domaine et créer une dynamique d'impulsion d'une grande plateforme de la société civile dédiée à la protection, au suivi et au contrôle citoyen des ressources naturelles congolaises. 

"L'objectif général de la Semaine est de renforcer les capacités des acteurs de la société civile pour qu'ils s'approprient les enjeux véritables du secteur (enjeux politiques, économiques et financiers) en vue d'améliorer leurs plaidoyers pour qu'ils exigent du gouvernement des actions concrètes contre le pillage de nos ressources congolaises au détriment de notre communauté nationale et d'engager des réformes qui s'imposent afin de mettre fin aux abus actuels et prévenir les nouveaux abus dans le secteur minier et des hydrocarbures", a déclaré le professeur Florimond Muteba, président du Conseil d'administration de l'Observatoire de la dépense publique (ODEP).

De son côté, Carbone Béni, coordonnateur de ICONIA, a épinglé l'engagement des uns et des autres dans la bonne gestion des ressources naturelles de la RDC. 

"(...) Parce que l'économie, le social, le tout dans notre pays repose d'abord sur nos ressources naturelles et s'il n'y a pas assez d'engagement des jeunes, des élites, des politiques, des experts, je pense que nous allons continuer à souffrir. Qu'on se dise la vérité en face : qui fait quoi ? Qui pille quoi ? Qui gagne quoi ? Pourquoi les uns souffrent et les autres détournent ? Pourquoi il y a toujours des problèmes pendant qu'on parle qu'à Kalemie les ressources sont en train d'être exploitées par les rwandais ?", a-t-il dit. 

Prenant part à cet atelier, le directeur de cabinet adjoint du chef de l'État en charge des questions économiques et financières, André Wameso, est revenu sur l'exploitation des ressources naturelles en RDC depuis 5 siècles, avant d'appeler à veiller sur le partenariat entre le gouvernement et les multinationales qui exploitent ces ressources.

"Ce que nous, quand nous fournissons nos actifs miniers, nous devons veiller à ce que le partenariat avec les multinationales qui viennent exploiter nos ressources, se fasse au plus haut niveau de consolidation de ces entreprises c'est-à-dire au niveau de la maison mère au lieu que ça se fasse au niveau des joint-ventures locales ou nous restons en dehors du système. Parce que ce ne sont pas les joint-ventures locales qui sont cotées dans les places financières internationales qui symbolisent le marché au niveau du grand capital. Et à ce niveau-là, nous n'existons pas alors que ce sont nos matières premières qui font le bonheur de ces entreprises et qui permettent à l'industrie mondiale de pouvoir transformer ces ressources pour leur donner une grande valeur ajoutée pour laquelle vous avez l'utilisation des appareils (téléphones) et véhicules, etc", a-t-il exhorté. 

Des entreprises minières et des organisations de la société civile prennent part à la Semaine citoyenne des mines et hydrocarbures organisée par le Groupe d'action de la société pour la protection, le suivi et le contrôle des ressources naturelles de la RD Congo.

Prince Mayiro